Encore une discussion perturbante avec Maman. Ca fait bizarre cette impression d'être une étrangère pour une personne avec qui on vit, de ne pas vivre sur la même planète. Elle vit dans celle où je suis encore une gamine égoiste et irresponsable, socialement ratée. Pas moi. Tant mieux. J'évolue, je change, je bouge, j'en ai besoin. Rencontrer de nouvelles personnes, rêver de nouvelles choses, de nouveaux endroits, des vies qui seront les miennes ou ne seront pas, de tous les endroits du monde où je peux aller, avoir le choix. La sécurité affective n'est vraiment utile que si on se met en danger. J'écris comme une adolescente basique, en pleine recherche d'identité... Pourtant c'est tout le contraire. Je sais qui je suis. Vraiment. Et j'aime ne pas savoir ce que je vais devenir.
"De quoi t'as peur ?"
De tout. De ne pas être à la hauteur, de rater ma vie, de ne pas être aimée, de ne pas savoir aimer, d'être banale et chiante, d'être fondamentalement conne aussi, de ne jamais réussir à me donner les moyens d'être celle que je veux être, quelle qu'elle soit, de ne pas savoir, de ne pas comprendre, de décevoir les gens, mais surtout de me décevoir moi.
Je vais partir. Un jour, bientôt j'espère, je partirai, la boule au ventre de laisser ceux que j'aime.
J'ai envie d'écrire, mais à part des considérations philosophiques à deux balles ne correspondant même pas à mon état d'esprit, je ne trouve rien. J'ai tout mon temps.